Historique de VIVRE

C’est au cours d’une belle fin d’après-midi d’été en 2002 qu’une dizaine de personnes qui ne se connaissaient pas ou peu se sont réunies sur cette placette (notre photo) à Albon pour échanger pendant la réunion du conseil municipal qui délibérait sur le projet ABX Logistics. L’enquête publique pour permettre ce très important projet d’implantation avait eu lieu au cours de l’été et la population apprenait avec stupeur qu’il s’agissait d’un stockage de 20 000 tonnes de matières dangereuses classé SEVESO 2. Tout cela à proximité d’un aérodrome, enclavé entre la route nationale et l’autoroute et près du relais autoroutier Isardrome. Les personnes présentes échangeaient leur numéros de téléphone et adresses mails et décidaient de se revoir pour pouvoir fédérer les opposants au projet.

​​​C’est autour de cette placette qu'est née Vivre

C’est l’APPNV (association pour la protection du patrimoine de nos vallées) qui « abritait » ces nouveaux militants, car il fallait bien un cadre légal. Le comité anti-nuisances du Creux de la Thine et l’ADECV d’Andancette rejoignaient le groupe. Des réunions publiques sont organisées, des tracts sont distribués, une étude de 11 pages est même consacrée au projet pour bien informer la population. Les médias, journaux et télé, parlent abondamment du sujet. En décembre 2002, l’association VIVRE est officiellement créée en assemblée générale à Anneyron avec la constitution d’un conseil d’administration et vole de ses propres ailes. VIVRE est alors contactée par le bureau d’études DMS Ingénierie porteur du projet. Devant l’opiniâtreté des militants et la justesse des arguments avancés, le bureau d’études décide de revoir sa copie et de présenter un nouveau projet, dit allégé, non classé SEVESO en pensant calmer les oppositions. Mais si le bureau d’études présente bien un nouveau projet en préfecture, on découvre, malgré les promesses, qu’il est toujours classé SEVESO 2. La colère est grande, certains élus auraient adhéré à un projet dit allégé, mais d’autres péripéties sont survenues sur la légalité de la ZAC. Devant ce milieu hostile et très mobilisé, ABX Logistics retire définitivement son projet en 2004. Cette lutte, qui a fortement marqué les esprits, aura duré près de trois ans.



VIVRE s’est aussi associé à COQUAVIE de St-Vallier sur Rhône pour sa lutte contre l’implantation d’un projet SARIA de transit de carcasses animales qui a, lui aussi, fortement mobilisé la population et qui a, aussi, été abandonné. Devant ces réussites, des riverains de Sablons, Serrières et Salaise contactent alors VIVRE pour qu’elle étende son champ d’action non seulement au nord Isère mais aussi au nord Ardèche. Suite à la réunion organisée à Sablons par VIVRE pour aider les habitants à s'organiser localement, l'association Sauvons Notre Futur est créée et, depuis, coopère avec VIVRE pour ce qui concerne le Pays Roussillonnais et sa zone chimique et nucléaire. Ce qui inquiétait était alors les rejets de l’incinérateur TREDI. VIVRE mène un travail d'enquête pour en connaître la réalité et découvre que l’industriel rejette des dioxines bien au-dessus des normes autorisées (jusqu'à plus  de 400 fois) et essaie en vain d'obtenir des pouvoirs publics la mise aux normes de cet incinérateur. En 2006 survient l’épisode des déchets toxiques d’Abidjan qu’il faut y incinérer et commence alors une autre lutte, fructueuse grâce à la mobilisation des habitants ...

Les déchets d'Abidjan

L’occasion de faire entendre nos inquiétudes fut l’annonce de l’incinération des « déchets d’Abidjan » par l’usine Trédi-Séché, exploitant sur la commune de Salaise-sur-Sanne (38) et qui traite environ 250 mille tonnes de déchets industriels par an. Pour mémoire, ces déchets, composés entre autres d’hydrogène sulfuré, de soude, de mercaptans, déposé par le PROBO KOALA, ont été la cause d’une dizaine de victimes ivoiriennes et de plusieurs milliers d’intoxiqués. La multinationale TRAFIGURA, l’affréteur, paya quelques 152 millions d’euros à l’Etat Ivoirien afin de faire libérer trois de ses dirigeants emprisonnés.

VIVRE, qui lors des réunions de Commission Locale d’Information de l’incinérateur Trédi, avait pointé du doigt les rejets de Dioxines, cancérigène, et la campagne de mesure contradictoire des sols environnants, décide, avec d’autres associations locales, d’unir ses efforts afin de proposer et d’organiser une soirée d’information et de débat. Plus de 400 personnes se sont rassemblées en décembre 2006 avec en « fer de lance » Michèle Rivasi, fondatrice de la Crii-Rad, ancienne député de la Drôme et actuellement Député Européenne et Gérard Leras, à l’époque président du groupe verts au conseil régional et actuellement conseiller régional.

Incinérateur Trédi à Salaise sur Sanne

La presse locale et nationale (Libération, JDD) a relayé nos inquiétudes et celles des riverains. La ministre de l’écologie, Madame Nelly Olin, est venue à de multiples reprises durant cette période afin de participer à des réunions de suivi des déchets faussement appelés « ivoiriens ». Etait-ce dû à l’activisme de VIVRE, aux élections présidentielles et législatives à venir… Après un contrôle inopiné de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement) qui, nous semble-t-il, était plus percutante et suspicieuse à l’époque, VIVRE réclama, après la tenue d’une CLIS ou commission locale d’information et de surveillance, une cartographie de la contamination, une enquête épidémiologique et l’arrêt du four ayant rejeté près de deux fois la norme autorisée par arrêté préfectoral en Dioxines. Les déchets arrivent fin mars 2007 et sont incinérés durant l’année. Depuis, nous assistons aux réunions de CLIS, recevons régulièrement des bilans de fonctionnements et restons vigilants quant aux rejets de Dioxines et rejets eaux.

Le préfet est chargé en 2007 par la ministre de l’environnement de mettre en place un Suivi Environnement Global (SEG). Il est question d’obtenir la vérité quant à l’état de l’environnement sur notre territoire. VIVRE fait parti du Comité de Pilotage (COPIL). VIVRE se rend en avril 2009 à Paris au Ministère de l’Environnement afin d’avoir plus de précision au sujet de l’Interprétation de l’Etat des Milieux prévue et obtient l’assurance de participer et choisir le prestataire chargé de l’étude issu de l’appel d’offres. Lors de ce que nous appellerons un simulacre de réunion de COPIL ou la DREAL, anciennement DRIRE, impose un prestataire, nous quittons la réunion et nous apprenons le lendemain que le bureau d’étude choisi avait reçu avant cette dernière réunion sa notification officielle d’obtention du marché… Et pourtant il ne faisait pas l’unanimité parmi les collèges des associations, des élus et des industriels. Nous avons l’impression que les services de l’Etat ne sont plus au service des concitoyens et assistons à la mise en place d’une autre gouvernance.

​Suivi Environnement Global  ​

Broyeur GDE

Nous l’apprenons également, à notre grand regret, au sujet du broyeur géant de métaux installé également à Salaise-sur-Sanne. Alors que la société GDE est autorisée au départ à émettre des poussières, certains métaux lourds et des effluents selon un arrêté préfectoral initial, nous déplorons une succession d‘arrêtés leur autorisant de rejeter également des Composés Organiques Volatils (COV) dernièrement des Dioxines/furanes comme pour son voisin l’incinérateur Trédi… Nous dénonçons le rejet de plus de 16 tonnes de COV au cours de l’année 2007 et nous mesurons la température d’une pièce métallique en sortie de broyeur à  270°C ce qui a certainement entraîné le contrôle inopiné de la DRIRE et les résultats…neuf mois plus tard de la présences de dioxine/furane. Nous organisons plusieurs manifestations ainsi que réunions publiques afin d’alerter la population et de faire réagir les élus locaux. Nous avons envoyé une lettre commune, avec également madame la députée européenne M.Rivasi, très impliquée également sur ce dossier, afin de rencontrer la nouvelle ministre de l’écologie. Nous souhaitons mettre en lumière les dysfonctionnements de la filière Véhicules Hors d’Usages (VHU). La cour de justice de l’union européenne de justice a condamné la France pour transposition incorrecte de directive.